DE
HORS

Chantier n°3, février 2014

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La présence «ostentatoire» des ordures dans le territoire des Murs-à-pêches désigne bien le dysfonctionnement et le conflit existant avec le pouvoir public. Aujourd’hui c’est un territoire relégué, un dépotoir polyvalent pour les ordures sauvages, les épaves automobiles et les petits récupérateurs marginaux. Demain c’est un territoire qui doit inexorablement se transformer avec l’agrandissement de la ville et qui deviendra « un espace paysager de détente verte » après l’amélioration des lignes de liaisons urbaines.

Il n’est pas dit, mais il est certain, qu’un espace rénové doit filtrer et repousser plus loin, les indésirables, les nuisances, les ordures, les exclus, pour donner place au bonnes valeurs et aux belles images. La localisation de ces déchets révéle bien le sentiment des habitants de ses rues, celui d’être déconsidérés. Les « déchets » apparaissent comme le problème central de ce territoire.

Paris le 4 mars 2014

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Aménagement paysager du croisement de la rue Nouvelle France et de la rue Saint-Antoine.

par Liliana Motta

 

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Nous avons réalisé à ce jour 3 chantiers de trois jours espacés de quatre semaines environ.

Les parcelles que nous avons jardinées sont la n°125 appartenant à la Ville de Montreuil et la parcelle n°82 anciennement la Menuiserie, appartenant à André Boudin et ses neveux. La parcelle n°125 était encombrée surtout de déchets végétaux, matière qui pour nous est facilement recyclable sur place. La personne qui dépose ses déchets s’est mise d’accord avec nous pour le faire de manière à continuer l’andain de paillage qu’on a réalisé tout au long de la parcelle côté rue de la  Nouvelle France. Cette parcelle pourrait faire l’objet de plantations d’arbres fruitiers le long de la parcelle et d’arbustes fruitiers sur l’andain supérieur en terre. Le mur d’entrée côté rue Saint-Antoine sera restauré en maçonnerie. La parcelle est utilisée actuellement pour les déjeuners et réunions. Une table en bois et un coin pour faire du feu ont été installés. Durant notre absence la parcelle pourra être utilisée par les jeunes du quartier.

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La parcelle et le coin de rue se maintiennent depuis décembre dans un bon état avec peu de dépôt d’encombrants. La seule difficulté de cette parcelle est le voisinage avec la famille qui habite la parcelle n°386. La famille refuse que nous avancions dans l’aménagement de la parcelle, argumentant que les bruits occasionnés par la réunion des individus dans la parcelle de la Ville pourraient perturber leur tranquillité. Après enquête avec les voisins, il apparaît que cette famille est crainte par ses voisins pour ses actes de violence. Leur voisinage préfère les isoler et respecter leur demande.

La parcelle n° 82 la Menuiserie a été fermée de manière symbolique avec une clôture bois faite avec le recyclage des perches d’érable fournies par les Espaces Verts de la Ville. L’exercice, dans cette parcelle, s’est limité au nettoyage des encombrants, accumulés sur place depuis plusieurs dizaines d’années. Sur la parcelle, une dalle en béton s’étend sur toute la longueur. La parcelle est mitoyenne à celle de la famille Orshel, qui est une très belle parcelle avec des ligneux, squattée dans le fond du terrain par quelqu’un qui cultive des choux. Rien ne peut aujourd’hui se faire sans l’accord des propriétaires.

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De manière générale, les actions menées ont été bien reçues par le voisinage. Malgré son côté pittoresque, cet espace de la Ville est tourmenté. Le passage des camions et la conduite extravagante de certaines voitures, des motos et des quads  donnent une impression d’insécurité. Pendant notre chantier, le vol de matériel de n’importe quel sorte a été un jeu autant pour les adultes que pour les jeunes. Le désordre règne et gagne sur la moindre bonne volonté qui se manifeste.

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Le voisinage constitué de gens du voyage, a sa manière de se protéger, en évitant au sein même d’une famille certaines personnes qui ont des conduites déplacées. Le voisinage constitué de gens de la ville, habitués à se cantonner à un ordre social, est désarmé. Les dispositifs de médiations et des liens que la Ville essaie de construire avec ce territoire sont nombreux mais leur efficacité est peu visible. Dernièrement, avec le commencement des deux grands chantiers, celui du Collège et celui de la Piscine, les habitants se posent la question de leur devenir. Toute nouvelle parcelle appartenant à la Ville qui pourrait faire l’objet de notre intervention est potentiellement assujettie à une nouvelle appropriation par les gens du voyage, par les mêmes familles déjà sur place.

Devons-nous pour autant arrêter de intervenir ?

 

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