DE
HORS

Portraits de plantes

Ailante

Ailanthus glandulosa Desf

Simaroubacées

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L’ailante est originaire des régions tempérées de Chine. Le Père d’Incarville, qui l’a découvert, l’envoya simultanément à Bernard Jussieu, au Jardin du Roi à Paris et à la Société royale d’horticulture de Londres, en 1751. La noblesse de son port très rectiligne, le charme de son feuillage léger et chez les pieds femelles le caractère très ornemental de ses fruits (des samares rouges très abondantes, en forme d’hélice) ajouté à son incroyable vitalité lui ont valu d’abord une très grande vogue. L’ailante s’accommode pratiquement de tous les climats et de tous les sols. Il pousse très vite, fructifie en abondance, drageonne énormément et tend à se répandre beaucoup, notamment dans les zones de décombres, où il se révèle pionnier. On l’a planté le long des routes et des avenues de France, où il s’est presque naturalisé. Toutefois il connaît actuellement une certaine défaveur. En homéopathie, on utilise l’ailante pour combattre la scarlatine, la fièvre typhoïde et la méningite. Les feuilles de l’ailante sont toxiques et peuvent provoquer des inflammations du tube digestif, quant à la sève, irritante, elle peut faire naître sur la peau des éruptions vésiculeuses. En Chine, on l’utilise encore en médecine traditionnelle comme astringente et l’ailante y est cultivé afin de nourrir les bombix, ou vers à soie. Il fut mis à l’essai chez nous dans le même but, mais sans grand succès, au moment où le travail de la soie était encore très présent dans l’artisanat méridional.

 

Buddleia

Buddleja davidii Franch

Arbre aux papillons

Buddlejacées

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Le Buddleia est originaire du centre et de l’ouest de la Chine où il a été découvert à la fin du XIXème siècle par le Père David (1826-1900), naturaliste et missionnaire français. C’est un arbuste de 2 à 5m de hauteur, caduque à semi-caduque, aux tiges anguleuses et veloutées, et à la durée de vie assez courte. Se propageant avec une grande facilité par ses graines, il s’est évadé depuis longtemps des parcs et jardins et on le trouve, de nos jours, à l’état subspontané dans maints endroits. Les longues panicules de petites fleurs délicatement parfumées, de couleur lilas pâle à violet, qui s’épanouissent de fin juin à début octobre, attirent spécialement les papillons et les phalènes diurnes, ainsi que bon nombre d’insectes, notamment les abeilles.

« C’est une véritable rudérale, plante de décombres, capable de croître entre deux gravats, à même les cailloux, en haut d’une corniche, entre les rails des chemins de fer (…) Rare plante ligneuse (avec le bouleau) à coloniser un terrain nu sans attendre la formation d’un humus (…) Omniprésent dans la friche parisienne, première plante à venir avant les herbes, les jeunes sycomores et les ailantes, présent dans toutes les villes d’Europe, le Buddleia caractérise le  délaissé urbain. » //1//

//1// Gilles Clément, Éloge des vagabondes, 2002

 

Saule Blanc

Salix alba L subsp alba

Salicacées

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C’est le plus grand des saules arborescents pouvant atteindre jusqu’à 25 m et avoir un tronc de 1 m de diamètre. Il tient son nom de la couleur blanc grisâtre de ses feuilles recouvertes de poils soyeux, caduques et très finement dentées. Commun à l’état sauvage dans toute l’Europe, en Afrique du nord et dans l’Asie tempérée, cet arbre est fréquemment cultivé aux bords des eaux, car il s’épanouit dans les sols frais et humides, notamment dans les basses vallées alluvionnaires. Comme la plupart des autres espèces de saule, il a une croissance rapide et on le plante souvent pour le tailler en têtard afin d’obtenir de l’osier, ses jeunes rameaux souples, matière première de la vannerie. Le bois léger du saule blanc, de teinte rosâtre, est également utilisé en sculpture. Le chaton de saule, son appareil reproducteur, est doué de propriétés antispasmodiques et sédatives. L’écorce des pousses âgées de 2 à 3 ans, inodore mais de saveur très amère, renferme du tanin et un glucoside, la salicine, à l’origine de la création de l’aspirine. Elle fut très employée dès la Grèce antique comme tonique, fébrifuge et antirhumatismal mais de nos jours, la salicine a été remplacée par l’acide acétylsalicylique (l’aspirine) de synthèse.

 

Érable sycomore

Acer pseudoplatanus L.

Érable Faux-Platane

Acéracées

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Originaire d’Europe, l’érable sycomore se rencontre à l’état spontané jusqu’à 1500 mètres d’altitude en montagne, dans les forêts de sapins et de hêtres. Il pousse aussi en plaine, surtout dans les vallons frais des forêts de l’Est de la France. L’érable sycomore est aussi planté depuis des siècles dans les jardins, les parcs et les promenades des villes. Une fructification abondante et ses graines ailées très volatiles font de l’érable un arbre d’une grande fécondité. Celles-ci germent très facilement si le sol est suffisamment riche, frais et bien drainé. L’inflorescence a l’allure d’une petite grappe étroite et pendante et les fleurs, minuscules et verdâtres, sont mellifères. Le bois de l’érable sycomore est très apprécié par les ébénistes. Ils en fabriquent des objets ménagers, des escaliers, des instruments de musique, de mesure et de dessin. Autrefois on en fabriquait des outils agricoles et des rouleaux pour l’impression du papier peint. En laissant fermenter la sève, puis bouillir avec du sucre pendant de longues heures, on obtenait du vin. Les jeunes feuilles tendres sont excellentes crues ou cuites. Elles contiennent beaucoup de sucre. L’écorce des érables teint la laine en vert olive avec de l’alun, et en gris avec du sulfate de fer.

 

Canne de Provence

Arundo Donax

Canne de Provence, roseau à quenouille.

Arundinacées

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Probablement originaire d’Asie centrale, d’Iran ou d’Afghanistan, cette graminée caractéristique des zones humides a gagné depuis fort longtemps, grâce à l’homme, l’ensemble des régions tempérées chaudes et subtropicales : l’ Afrique du sud, l’Australie,  l’Asie, les deux Amériques, le pourtour méditerranéen et le Proche-Orient. C’est un grand roseau doté de chaumes de 2 à 6 mètres de haut possèdant de puissants rhizomes noueux, fortement ramifiés et munis de racines fibreuses. Ses tiges creuses luisantes et jaunâtres, au départ tendres et herbacées, se durcissent petit à petit jusqu’à devenir ligneuses et sont pourvues de nœuds tous les 20 à 30 centimètres. Les feuilles longues, d’un vert glauque, engainent la tige à leur base. Cette canne, au développement très important, est particulièrement résistante à la sécheresse dès lors que ses racines, véritables réserves d’eau, atteignent une certaine fraîcheur en sous-sol, c’est pourquoi on la retrouve facilement le long des ruisseaux saisonniers de méditerranée, dont elle fixe les berges. On croisera la canne jusqu’en bord de mer, le long des plages, s’aidant notamment des crues fluviales pour se propager. La canne de Provence a de très nombreux usages, fort anciens, ainsi la décrit-on parfois comme une véritable quincaillerie vivante. Elle est cultivée en premier lieu pour la fabrication des hanches nécessaires aux instruments à vent tels que clarinettes, hautbois et saxophones, mais également pour la fabrication de flûtes, canisses, brise-vents, pâte à papier, échalas, cannes, étuis, flèches, bobines, pinces à linges, salières, pinceaux…

« Plante à tout faire de l’artisanat paysan du sud, la canne est citée comme une culture commune par les premiers naturalistes et agronomes de l’Antiquité. » //2//

//2// Lieutaghi Pierre, Petite Ethnobotanique méditerranéenne.

 

Clématite des haies

Clematis vitalba L.

Clématite des haies, vigne blanche

Renonculacées

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La clématite des haies est une liane vigoureuse, grimpante et vivace, commune dans presque toute la France. On la rencontre surtout dans les haies, les taillis et à la lisière des bois humides. Elle peut former des peuplements très denses, s’enroulant sur elle-même, se marcottant au sol et utilisant les arbres voisins comme tuteurs, parfois jusqu’à leur cime. Ses feuilles sont caduques, et ses fleurs d’un blanc verdâtre. Ses fruits, sous la forme d’akènes, sont munis d’arêtes plumeuses persistant longtemps sur les tiges, ce qui la rend très reconnaissable en hiver. Tout comme les asperges, les jeunes pousses sont comestibles après cuisson dans l’eau, qui élimine leur âcreté, et étaient conservées dans du  vinaigre. La clématite des haies est aussi une plante médicinale et toxique qu’il convient toujours d’utiliser avec précaution. Les mendiants d’autrefois s’en frottaient bras et jambes pour provoquer des ulcères superficiels afin d’apitoyer les personnes charitables, d’où son nom d’ « herbe aux gueux » ou de clématite brûlante. On emploie encore aujourd’hui ses feuilles en usage externe pour leurs propriétés détersives et résolutives. Elle est également utilisée en vannerie ou pour faire des liens.

 

Chèvrefeuilles

Lonicera

Caprifoliacées

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Les chèvrefeuilles, comme les sureaux et les viornes, appartiennent à la famille des Caprifoliacées. Les chèvrefeuilles sont des sous-arbrisseaux ou des lianes sarmenteuses, dont on compte neuf espèces en France. Leur nom commun remonte du latin populaire du Moyen-Age et ferait allusion au goût prononcé des chèvres pour leur feuillage. Leurs fleurs sont parfumées et leurs fruits sont de petites baies rougeâtres renfermant peu de graines. Les fruits sont considérés comme toxiques. Les chèvrefeuilles, qui sont mellifères, ont tous les mêmes propriétés médicinales. Leur écorce et leurs tiges sont anticatarrhales, dépuratives et diurétiques, leurs feuilles sont astringentes. Le chèvrefeuille des bois (Lonicera periclymenum) est très commun dans toutes les haies et les bois de presque toute la France, sauf en région méditerranéenne. On faisait autrefois un sirop de chèvrefeuille contre les indigestions, et on préparait une teinture bleue à partir de ses racines.

 

Ronces

Rubus

Groupe fruticosus

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Les ronces se trouvent abondamment dans les haies, les buissons, les friches, les terrains incultes et dans les bois. Grâce à des tiges en arceaux, qui s’enracinent à l’extrémité par marcottage naturel, les peuplements de ronce occupent rapidement l’espace disponible. Ils forment en lisière, ou dans les haies, des fourrés d’autant plus impénétrables que les tiges sont épineuses. Le roncier permet l’installation d’une faune riche et variée. La ronce a de multiples utilisations agricoles et artisanales. Elle est l’un des plus anciens liens que l’homme a utilisés, car il suffit d’enlever les épines de la tige pour avoir un lien d’une grande robustesse. La ronce est aussi une plante médicinale. On utilise les feuilles en infusion pour calmer les hémorragies internes, la dysenterie. Le sirop de fruits est excellent contre la diarrhée, en particulier chez les enfants. La décoction des feuilles est utilisée en gargarisme contre l’angine, la pharyngite, les aphtes et les gingivites. On l’emploie parfois pour hâter la cicatrisation d’ulcères et de plaies. Trouvant des amas conséquents de leurs graines dans les stations lacustres du néolithique, on put en déduire que les mûres étaient une nourriture vitale pour les populations préhistoriques. Les jeunes feuilles et jeunes pousses sont comestibles comme les asperges sauvages. Le fruit est utilisé pour la confection de gelées et de confitures, ou pour aromatiser le vinaigre. On en fabrique également des boissons, thés, jus, vins, sirops et liqueurs.

 

Massette

Typha latifolia L.

Massette à larges feuilles, Quenouille

Typhacées

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Les Typhacées sont une petite famille de plantes herbacées aquatiques comprenant le genre unique Thypa. Elles vivent en eaux douces peu profondes comme les marais, les lacs, les rivières, les mares et les fossés de nombreuses régions tempérées et tropicales, du Cercle Arctique à l’Amérique du Sud. C’est une plante vivace qui peut atteindre 2 mètres de hauteur. Ses feuilles étroites et linéaires, semi-persistantes, sont parfois plus longues que les tiges elles-mêmes. Elles poussent en colonies denses grâce à leurs racines en rhizomes et se servent du vent pour la pollinisation et la propagation des graines, très légères et volatiles, qui flottent à la surface de l’eau, pouvant ainsi parcourir de très longues distances. Les feuilles de la massette sont tressées pour confectionner des revêtements de sièges, des nattes et des paniers. La plante est également cultivée pour l’aspect décoratif de ses épis fructifères cylindriques, de couleur brune. La massette fait aujourd’hui partie des plantes cruciales dans le traitement des eaux usées, appelée phyto-épuration, sous forme de lagunages. Les rhizomes sont charnus et comestibles, crus ou bien cuits. Après les avoir pelés, séchés, moulus et tamisés, ils fournissent une farine qui contient des protéines. Les très jeunes pousses sont tendres, croquantes, juteuses et elles ont un goût agréable de noisette. On les consomme crues.

 

Saponaire

Saponaria officinalis

Saponière, savonière, Savonaire

Caryophyllacées.

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C’est une plante herbacée vivace, aux fleurs rose pâle odorantes et aux feuilles ovales, ses parties aériennes disparaissant chaque hiver pour réapparaître vigoureusement au printemps sous forme de rejets pouvant atteindre 80 centimètres de haut, en petites colonies denses. On la croise dans les endroits chauds et secs, au bord des talus, des routes, des friches ou sur les sables de bord de rivière. La Saponaire tire son nom, du latin sapo : savon,  de ses propriétés détergentes. Connue depuis fort longtemps et utilisée dans le domaine domestique et médical, de par sa substance active moussante : la saponine, on en utilise les feuilles, tiges et racines froissées ou broyées comme savon, nettoyant, shampoing ou lessive. Sa solution est efficace dans la dissolution des graisses. C’était la plante de prédilection des lavandières. Bien que relativement toxique, elle est utilisée en médecine traditionnelle comme un des meilleurs dépuratifs, capable de soulager les effets de la goutte, des rhumatismes, de l’asthme, des maladies de peau tels qu’herpès, eczéma, zona, urticaire, en décoctions ou en compresses. Elle est également connue pour ses vertus diurétiques et vermifuges. Les romains l’utilisaient déjà sous forme de bains pour guérir les démangeaisons. Elle revient aujourd’hui sur le devant de la scène dans les traitements de médecine douce telle que la phytothérapie, ou sous forme de savons biologiques.

 

Panais

Pastinaca sativa ou P. sylvestris

Panais, carotte blanche

Apiacées, Ombellifères.

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Originaire du bassin méditerranéen, c’est un légume ancien très proche de la carotte, dont il est un cousin. C’est une plante bisannuelle, se trouvant à l’état spontané dans les milieux ouverts tels que prés, bords de chemins, lisières ensoleillées, sur sols plutôt calcaires. Sous des feuilles poilues de 50 centimètres à un mètre de haut, sa racine pivotante, plus ou moins longue et de couleur blanchâtre, dégage une odeur caractéristique, et possède un goût sucré. Cultivé comme fourrage également, il était en France un aliment de base au Moyen-âge, jusqu’à l’arrivée de la pomme de terre, mais en Angleterre et dans le Nord-Est de l’Europe, on ne cessa jamais de le consommer. Avec l’attrait actuel pour les légumes anciens, il bénéficie d’un regain d’intérêt, d’autant plus qu’il est un aliment très riche en nutriments, minéraux et vitamines. Ses petites fleurs jaunes attirent fortement de nombreux insectes considérés aujourd’hui comme des auxiliaires de lutte biologique contre les insectes ravageurs des cultures : coccinelles, araignées, punaises, c’est pourquoi on le trouve de plus en plus dans les jardins potagers.

 

Fenouil

Foeniculum vulgare

Fenouil, Aneth doux

Apiacées, Ombellifères.

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Du latin foeniculum, ou petit foin, nom donné pour son odeur une fois séchée, c’est une plante bisannuelle ou vivace à racine allongée, ronde et blanchâtre. Sa tige cylindrique, striée, de couleur vert clair, peut atteindre deux mètres. Ses feuilles, fines et très découpées, se ramifient en nombreux segments très fins et odorants, comme la plante dans son ensemble, qui dégage de fortes effluves anisées. Ses petites fleurs jaunes fournissent de nombreuses graines à fort pouvoir germinatif, se ressemant généralement spontanément, même à l’état cultivé. Le fenouil préfère majoritairement les sols calcaires et secs. C’est une plante médicinale connue depuis l’Antiquité. On en utilisait l’huile essentielle contre les différents parasites corporels. Le fruit agit sur l’appareil digestif, il est antispasmodique et spasmolytique et calme les douleurs d’estomac. Il est également un fort stimulant digestif, ainsi qu’un favorisant de la montée de lait chez les jeunes mères, une prescription connue depuis l’antiquité. On le cultive non pas pour sa racine, mais pour la base charnue de ses feuilles, ce qui en fait l’un des légumes favoris des occidentaux notamment, cuisiné cru ou cuit, sous une multitude de formes : en soupes, salades, bouillons ou purées.

 

Roquette

Diplotaxis tenuifolia

Roquette sauvage

Crucifères.

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La roquette sauvage, vivace,  se distingue de sa variété cultivée par la couleur de ses fleurs, jaunes, et ses feuilles plus étirées, qui sont fines, découpées, en segment dentés et de couleur vert mat. Cette plante « compagne » qui préfère les régions calcaires, se retrouve presque dans l’ensemble de l’Europe, en Asie occidentale et en Afrique du nord. On la rencontre de nos jours fréquemment en milieu urbain, ou elle plaît à s’installer près des hommes, dans les talus de voies ferrées, les décombres, les rues et vieux murs. Elle est également plus piquante au goût que sa soeur, dû à une substance sulfurée activée par la salive. La cuisine contemporaine s’en est emparée récemment, dans la vogue des mescluns, ces salades d’espèces variées, où elle prédomine de par son goût prononcé qui relève puissamment l’assaisonnement. Cette crucifère possède de nombreuses vertus médicinales, notamment dans le traitement des affections respiratoires: bronchites, laryngites, toux, coqueluche, tandis que les médecins de l’Antiquité la conseillait en tant que vermifuge, antivenin et aphrodisiaque. En cosmétique latine, on l’utilisait pour effacer les tâches du visage. On la récolte en octobre ou novembre.