DE
HORS

Chantier n°3, mai 2011

Lieu d’intervention : le talus de l’Altair et le quai des ailantes.

Le talus qui s’érige entre la grande halle et la rue se prolonge jusqu’en limite de parcelle, derrière l’Altaïr. Soucieux de la continuité de la promenade que nous avons commencé à instaurer, nous nous penchons alors sur cette dernière partie du talus.

Chantier 3-9TIR_1

Jour 1, le 2 mai 2011

Ciel voilé, quelques éclaircies, températures fraiches.

Aujourd’hui nous découvrons comment nos travaux ont évolués. Avec la chaleur de ces dernières semaines d’avril le potager foisonne. Les plantes se serrent dans les pots et prolifèrent. Les élèves arrosent régulièrement et se servent dans la menthe, l’estragon, la roquette, les salades… Les carex ont séché. Personne n’a pensé à les arroser. Dans le patio, les ‘’tronapés’’ sont envahis par les cannes de Provence. Elles constituent un magnifique mur vert et confèrent une fraicheur sans pareille à ses frêles assises. En face les orties sont montées, seul un petit chemin entre ces plantes piquantes guide vers la banquette. On traverse le fossé en faisant attention de ne pas tomber et on s’installe sur le bois tiède. On y est bien au soleil. Le patio apparait comme un havre de paix où résonne parfois la voix d’un professeur. Dans la fosse aux saules, les cannes plantées pour animer l’espace se sont écroulées avec le vent. La traversée du fossé semble périlleuse à certains usagers de l’Académie, paraît-il.

Nous entamons une expédition dans le dernier talus embroussaillé, celui juste derrière l’Altaïr. Il s’est enfriché et semble impénétrable. On découvre que la dalle béton présente entre le premier talus et la rue se prolonge jusqu’à la limite de la parcelle. A mi-hauteur entre l’Altaïr et la rue, elle file encore tout droit, longeant les passants harassés qui rentrent du boulot. Certes, ce quai est inaccessible mais nous décidons de le dégager.

020511 27_1

020511 06

Chantier 3-10TIR_1 Chantier 3-133TIR_1

Nous envisageons également de faire une terrasse en haut du talus avec les pavés que nous déterrons. Nous voilà en train de couper, scier, tronçonner. On évacue des brouettes de terre. On coupe au fur et à mesure, on débite sur le coté pour faire un paillage. On entasse la matière et on tresse le bord du talus, comme on l’avait fait pour le premier talus. On répète les gestes. On débite, encore et encore. Les chemins pour accéder à la terrasse se tracent. On dégage les grimpantes, on coupe les clématites et les ronces en faisant attention de préserver les pieds. Éviter de supprimer toute la végétation alors qu’elle nous offre son vert printanier. David et Sébastien montent un banc avec un morceau de poutre en béton. Il faut mettre des bancs ici pour que les gens puissent s’arrêter et découvrir l’espace. Il ne faut pas qu’ils considèrent ce talus comme un ‘’arrière dégueulasse’’. Non. C’est un lieu de vie possible.

020511 21LM_1

Chantier 3-136TIR_1

Damien, Laura et Adrien s’occupent de replacer les panneaux botaniques aux bons endroits. Il faut les déceler, creuser des trous à coté des végétaux, enfoncer les piquets. Ces panneaux résument l’origine et l’usage des plantes. Thomas et Olivier sont partis chercher du filet de chantier pour construire les nasses à papillons. Il faut un filet blanc, assez fin pour que les chenilles restent à l’intérieur et se nourrissent des feuilles de l’ailante. Après le déjeuner, on décide d’arroser toutes les plantations qui en ont besoin, à commencer par les carex. Les branchements de tuyaux sont douteux et nous finissons autant arrosés que les carex. L’après-midi, Thomas, Jean-Marie et Olivier filent à un rendez-vous pour ‘’Téma la vache’’, l’association de Jean-Marie. Leurs bras et leur courage nous font défaut tandis que nous continuons à piocher, désherber, couper, trancher, scier…

Jour 2, le 3 mai 2011

Soleil, ciel bleu, un vent frais se lève après le déjeuner.

Dans le matin frais, les équipes reprennent leur travail spontanément.

Capucine et Thomas réfléchissent à une signalétique ; quelle toponymie faut-il développer ? Les habitants ont déjà nommé certains lieux. Ceux qui marchent et qu’ils fréquentent régulièrement. Nous décidons de garder ces noms et d’en instaurer d’autres pour les lieux non nommés et non utilisés. Comment installe-t-on ces mots dans l’espace  ? On fait un tour. Quelle emprise doivent-ils avoir au sol ? Une ligne les reliera tous, dessinant un parcours continu possible. Il faut calculer les dimensions des lettres, les découper pour fabriquer des pochoirs avant de bomber au sol, en blanc, ces guides visuels. Jean-Marie, Olivier et Marie fabriquent les cocons avec du fil de fer, le filet de chantier et du  grillage à poules. Ils essaient différentes formes avant de coudre et fermer ces bulles. En fin d’après-midi Eugénie et Laurence les rejoignent. Elles créent une structure avec les cannes qui étaient tombées dans le fossé des saules. Pendant qu’Adrien et Damien commencent à paver la terrasse, que David et Sébastien fabriquent des bancs à disposer autour de l’Altaïr, Laura remanie le compost. Elle apporte de la terre et la dispose sur les tas de paillage. Elle plante des bulbes d’oignons et la semaine prochaine on plantera des courges. Avec ces plantations, le compost sera peut-être perçu moins négativement.

En fin de journée passent Stéphanie Renault et Guillemette Morin, chargées d’études, pour le CAUE du 93, qui veulent instaurer un partenariat avec Rossana pour créer un jardin pédagogique dédié aux enfants de Saint Denis. Développer des relations avec le CAUE est primordial pour ouvrir l’Académie sur le quartier. Elles visitent et s’informent sur le jardin, accompagnées par Liliana qui leur explique les tenants et aboutissants du Laboratoire du Dehors. Elles souhaitent montrer ce jardin exemplaire au service des espaces verts de la Plaine Saint Denis pour  leur offrir une vision alternative à l’entretien classique des parcs urbains.

Jour 3, le 4 mai 2011

Soleil, ciel bleu, un vent frais.

Ce matin, Laura et Damien commencent à répertorier les plantes pour leur ‘’Petite flore de l’Académie’’. Ils élaborent des textes et des descriptions ethnobotaniques. Ils prennent en photo les arbustes, vivaces et herbacées. Thomas leur passe la charte graphique pour que la flore fasse partie intégrante des documents et notices que nous laisserons derrière nous, à l’Académie. Des animateurs visitent le jardin avec Rossana et Liliana. Ils veulent emmener leurs élèves visiter le projet, commencer des actions sur les talus fin mai, sensibiliser les jeunes d’un collège à la végétation en ville. Le jardin de l’Académie leur semble idéal car il allie esthétique et écologie. Nous déjeunons avec Philippe Fenwick, metteur en scène et metteur en piste pour les Impromptus, portes ouvertes annuelles de l’école durant lesquelles les élèves montrent des spectacles et des numéros élaborés à cette occasion. Il souhaite que nous élaborions quelque chose pour les impromptus, afin de mettre en valeur les espaces extérieurs.

cocon 2_15_1

Olivier, Laurence et Marie finissent les cocons. Ils travaillent avec les costumières qui les aident à coudre le filet sur les structures. Enfin ils accrochent les structures dans les ailantes, prêtes à recevoir les précieuses chenilles. Tandis que Capucine et Thomas travaillent sur le compte-rendu du chantier, les autres élaguent, rangent, nettoient pour laisser l’Académie propre avant de partir pour 5 mois d’été et ne revenir qu’en octobre prochain.